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Nous devons montrer à la planete vitivinicole le dynamisme de la Suisse

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Le Congrès mondial de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) se tiendra à Genève en juillet 2019. Entretien avec Simone de Montmollin, présidente du comité d'organisation.

Quelle importance revêt pour la Suisse l'organisation du Congrès mondial de l'OIV?

La dernière fols que le Congrès mondial de l'OIV s'est tenu en Suisse, c'était en 1977. Le temps était donc venu pour notre pays de l'accueillir à nou­veau. C'est avant tout un congrès scientifique, où les chercheurs présentent leurs derniers travaux et échangent sur tous les domaines de com­pétence de l'OIV: viticulture, œnologie, mais aussi droit, économie, santé et sécurité. Le sujet de la conférence inau­gurale portera sur un défi so­ciétal très débattu actuelle­ment: les intrants. Ce thème transversal anime aussi bien la communauté scientifique que les vignerons et le grand public. Ce congrès sera aussi le lieu de l'assemblée générale annuelle de l'OIV. Cet aspect statutaire n'est pas à négliger, car les résolutions adoptées par l'organisation sur les pra­tiques œnologiques ou les mé­thodes d'analyses par exemple sont très souvent reprises dans le droit européen et, par extension, dans le nôtre. Les décisions de l'Organisation Internationale de la vigne et du vin touchent donc directement la viticulture suisse. Enfin, nous aurons là une occasion unique de montrer au monde entier que la Suisse est un pays de tradition viticole multlsécu­laire, en phase avec les défis.

Justement, comment allez-vous communiquer sur cet événement?

Nous allons le faire autour de plusieurs axes: mettre en avant la qualité des vins suis­ses, la diversité des six réglons productrices et leurs paysa­ges, le savoir-faire de nos vignerons, mals également insis­ter sur les contributions de la recherche agronomique suisse dans le développement de nou­velles variétés de cépages ou dans la protection de l'environ­nement. Peu de gens savent que la production intégrée, par exemple, est née en Suisse. Les stations d'Agroscope réparties dans les différentes régions ont eu comme objectif, dès leur origine, de trouver des applications à la recherche adaptées aux conditions locales. D'une manière générale, la grande diversité des sols, cli­mats et cépages suisses font de notre pays un laboratoire pour l'ensemble de la viticul­ture européenne.

Vous l'avez évoqué, la conférence inaugurale portera sur le défi environ­nemental?

C'est en effet la thématique principale du congrès qui sera abordée à la fols sous l'angle de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée. Il s'agira d'expliquer au grand public les avancées scienti­ fiques réalisées à ce jour pour limiter l'impact des produits phytosanitaires sur l'environ­nement et réduire les résidus, de mettre en lumière les projets de recher­che les plus récents, en parti­culier ceux menés par les stations agronomiques suis­ses sur les nouveaux cépages, les pratiques viticoles, les aides à la décision (modélisa­tions) ou encore la sélection variétale.

Allez-vous consacrer au chasselas une place par­ticulière?

Nous allons bien sûr com­ muniquer sur ce cépage spé­ cifiquement suisse, qui d'ail­ leurs commence à être redé­ couvert à l'étranger. D'une fa­çon générale, nous ne souhai­tons pas étaler la grande diver­sité des cépages cultivés en Suisse, mais nous concentrer sur les variétés principales et particulières de chaque région. Il faudra que chaque participant reparte avec une image perti­nente.

Avez-vous déjà un slogan, une image forte censée mar­quer les esprits?

Notre credo est de présen­ter notre vignoble comme étant un écrin entre lac et montagne. Le vignoble suisse doit être associé à cette réalité géogra­phique, tel est le message que l'on souhaite faire passer. A partir de là, nous développe­rons sur les trois régions lin­guistiques et leurs cultures, histoires et traditions respec­tives, lesquelles ont largement Impacté le choix des cépages cultivés pour mieux en tirer ensuite quelques exemples re (...)

Comment seront associés les vignerons suisses à la communication du congrès?

Nous sommes en cheville avec les interprofesslons et les offices de promotion de cha­ cune des six régions, lesquels sont en contact direct avec les vignerons. Nous souhai­ tons surtout créer une visibi­lité globale qui mette la Suisse en exergue dans les médias étrangers. Chaque région viti­cole suisse sera représentée, il y aura des manifestations permettant des rencontres entre professionnels suisses et étrangers. La chance que nous offre ce congrès est de mon­trer à la planète vitivinicole le dynamisme de la Suisse, son haut niveau technologique, sa rigueur, son sérieux, les ré­ponses qu'elle a su donner aux problèmes environnementaux auxquels sont confrontés les autres pays producteurs ou encore l'équilibre qu'elle a su trouver entre tradition et pro­grès technique, entre œno­logie additive et œnologie soustractive, qui est un équi­libre fragile et reconsidéré à chaque décision de l'Union européenne.

Qu'attendez-vous du congrès pour l'image et la notoriété des vins suisses?

Nos ambitions s'inscrivent sur le long terme. Nous vou­lons que les journalistes et les acteurs économiques étran­ gers présents à ce congrès té­moignent de la culture vitivinicole de la Suisse et repartent chez eux en ayant vu des pay­sages et des vignobles magni­fiques, dégusté des vins de grande qualité et rencontré des partenaires économiques potentiels susceptibles de ren­forcer la place des vins suisses à l'étranger. Ce congrès doit être vu comme une porte ou­ verte sur le futur par et pour la viticulture suisse.